La justice américaine demande à Google de vendre Chrome. Le titre chute.

Google

Le ministère américain de la Justice (DOJ) s’efforce de réduire la domination de Google (GOOG) sur le marché de la recherche. Parmi les solutions envisagées figurent la vente de Google Chrome et le partage obligatoire des données avec les concurrents. Toutefois, ces propositions rencontrent des obstacles juridiques et politiques majeurs, tandis que des experts s’interrogent sur leur faisabilité et leur proportionnalité.

Le DOJ demande la cession de Chrome et d’autres mesures

Suite à une décision en août selon laquelle Google aurait illégalement monopolisé le marché de la recherche, le DOJ a proposé des actions radicales, notamment :

  • La cession de Google Chrome.
  • Le partage des données de recherche avec les concurrents.
  • La possible cession du système d’exploitation Android.

Les actions d’Alphabet ont chuté de près de 5 % après ces annonces, témoignant des inquiétudes du marché face à ces mesures.

Précédents historiques et défis juridiques

Les demandes du DOJ rappellent ses tentatives de démanteler Microsoft dans les années 2000, qui se sont finalement soldées par un accord. Kevin Walkush, de Jensen Investment Management, estime que les appels de Google pourraient prolonger l’affaire sur plusieurs années, tout en remettant en question la proportionnalité des exigences du DOJ.

Réponse de Google et préoccupations en matière de vie privée

Google qualifie l’approche du DOJ de « débordement gouvernemental sans précédent », affirmant qu’elle pourrait :

  • Compromettre la vie privée des utilisateurs.
  • Réduire le financement des développeurs, tels que Mozilla, qui utilisent Google Search.

Selon Google, céder Chrome ne résoudrait pas les problèmes fondamentaux de monopole sur la recherche et nuirait aux consommateurs et à l’écosystème technologique.

L’administration Trump à venir pourrait compliquer les efforts du DOJ. Bien que Trump ait initialement déposé l’affaire, ses récentes déclarations indiquent une réticence à démanteler un acteur technologique majeur américain face à la concurrence chinoise.

Chrome, un pilier de l’écosystème Google

Chrome est essentiel au modèle économique de Google, représentant environ deux tiers du marché mondial des navigateurs. Selon Megan Gray, ancienne conseillère juridique de DuckDuckGO, Chrome perdrait de sa valeur en tant que navigateur autonome, sans son intégration dans l’écosystème publicitaire et de recherche de Google.

Restrictions proposées sur la publicité et le partage des données

Les restrictions envisagées par le DOJ visent également :

  • Le partenariat lucratif entre Google et Apple.
  • La mise à disposition des résultats de recherche à un coût nominal.
  • Le partage gratuit des données utilisateur avec les concurrents.

Bien que ces mesures puissent affecter la domination de Google, leur impact reste incertain.

Implications pour l’industrie technologique

L’approche agressive du DOJ contre Google s’inscrit dans une initiative plus large visant à réguler d’autres géants technologiques comme Apple et Amazon. Cependant, ces actions suscitent une résistance, notamment sur les questions d’innovation et de concurrence internationale.

Conclusion

Les efforts du DOJ pour limiter la domination de Google marquent un tournant pour les lois antitrust. Cependant, les incertitudes politiques, les défis juridiques et les questions sur la proportionnalité des mesures proposées laissent présager un processus long et complexe.

4 thoughts on “La justice américaine demande à Google de vendre Chrome. Le titre chute.

  1. Merci Meta pour ce compte-rendu.
    Quelques remarques :

    1) Les USA ont aussi leur Thierry Breton. (cette faculté à saboter ses propres champions). Après il y en a partout. Qui se souvient des peaux de bananes balancées (rêgles anti-monopoles) aux géants techs chinois par leur propre gouvernement ? Jack Ma, Tencent, etc…

    2) Une machine à cash comme Chrome, Imaginez qu’Alphabet va lacher ça ? D’autant plus qu’il est la base de leur eco-système (youtube, cloud, gmail et d’autres services sur d’autres produits et applications….avec toutes les informations qui transitent par tous ces services), un peu comme Apple. Encore une fois, imaginez qu’Alphabet va lacher ça ?
    Et peut-être que la nouvelle ère du business-roi que va inaugurer la présidence Trump 2 va peut-être calmer ces désirs de régulation intempestifs.

    3) Perso, je vois dans la situation actuelle, une (nouvelle) occason de renforcer ma position. De tous les Gafams, cette action n’a pas encore atteint les sommets de certains de ses collègues. C’est souvent dans les moments de destabilisation temporaires (remember Chatgpt) que se font les plus gros gains.

    1. Le DOJ (Department of justice) de Trump, contrairement à ce que j’imaginais va continuer la chasse à Alphabet (démentèlement pour cause de monopole) , même si ce département semble laisser un répit au niveau de l’IA. Après, ce genre de conflit judiciare peut perdurer parce qu’Alphabet ne va pas se laisser faire.

      https://finance.yahoo.com/news/trumps-doj-wants-a-google-breakup-but-is-willing-to-leave-ai-alone-080016759.html

      Certains investisseurs et crypto maximalistes ont pris D. Trump pour le Père Noël. La gueule de bois devant les effondrements de ces derniers temps devrait servir de piqure de rappel. La prudence avant tout et miser sur les valeurs sûrs, même quand le marché veut convaincre qu’elles ne le sont pas.

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