Alstom fait face à une crise de trésorerie : les actions chutent alors que les prévisions sont revues à la baisse

Alstom

Dans une tournure choquante des événements, Alstom, le célèbre fabricant français de trains à grande vitesse et de matériel de transport, a été témoin jeudi d’une chute stupéfiante de 37 % du cours de son action. Cette baisse brutale est intervenue à la suite de la révision drastique par la société de ses prévisions de flux de trésorerie disponibles pour l’année. Alstom a cité plusieurs facteurs contribuant à ce revers financier, notamment des retards importants de la part de ses clients britanniques dans la réception des livraisons. Cet article approfondit les détails de la crise de trésorerie d’Alstom, ses causes et ses implications pour l’entreprise.

La révision drastique des prévisions

Les sombres perspectives d’Alstom en matière de cash-flow libre

Dans une tournure surprenante, Alstom a annoncé un changement radical dans ses prévisions de flux de trésorerie disponibles pour l’année. Prévoyant initialement un chiffre « significativement positif », la société anticipe désormais un cash-flow libre négatif allant de 500 millions d’euros à 750 millions d’euros pour l’année en cours. Ce retournement inattendu a provoqué une onde de choc sur le marché et provoqué une forte baisse de la valeur des actions d’Alstom.

Les coupables de la crise des flux de trésorerie

Retards dans les livraisons au Royaume-Uni et problèmes de stocks

Une part importante des problèmes de trésorerie d’Alstom provient des retards dans l’exécution du programme Aventra au Royaume-Uni. Ce programme implique la construction de 443 trains électriques, un projet dont Alstom a hérité grâce à son acquisition du canadien Bombardier Transport en 2020. Des retards dans la formation des conducteurs et des investissements dans des installations de maintenance au Royaume-Uni, aggravés par l’incertitude dans le secteur ferroviaire en raison de la crise financière actuelle. tension due à la pandémie de COVID-19, ont entravé la progression du programme Aventra.

De plus, Alstom s’est retrouvé aux prises avec une augmentation significative de ses stocks. L’entreprise a augmenté sa production pour éviter les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, mais cela a entraîné une charge inattendue sur ses flux de trésorerie. Les retards dans les projets aux États-Unis et en Europe ont également contribué à retarder les paiements de certains contrats majeurs, exacerbant ainsi les difficultés financières.

Implications et réactions des investisseurs

Un coup de crédibilité et une potentielle augmentation de capital

La détérioration soudaine des flux de trésorerie projetés d’Alstom a gravement affecté la confiance des investisseurs. Des analystes, dont Gael de-Bray de la Deutsche Bank, ont noté que ce revers avait porté un coup dur à la crédibilité de la direction. La notation Investment Grade d’Alstom est désormais menacée, avec la possibilité d’une augmentation de capital à l’horizon, selon de-Bray.

Malgré la pression croissante, Alstom a maintenu qu’il n’aurait pas besoin d’injection de capitaux et prévoit que les problèmes de trésorerie se résoudront progressivement au cours de l’année à venir.

Vue d’ensemble

Le rôle central d’Alstom dans l’industrie du transport

Alstom, fabricant et sous-traitant mondial de transport, a généré un chiffre d’affaires de 16,5 milliards d’euros l’année dernière et emploie plus de 80 000 personnes. L’entreprise est réputée pour produire des trains à grande vitesse TGV en France et est également impliquée dans d’importants projets d’infrastructure ferroviaire au Royaume-Uni, tels que la ligne Elizabeth et HS2 à Londres.

Toutefois, plus de 80 trains terminés à l’usine Alstom de Derby, au Royaume-Uni, restent impayés par les opérateurs ferroviaires, ce qui aggrave encore les difficultés financières du groupe. La récente décision du gouvernement britannique de réduire potentiellement une commande de 2 milliards de livres sterling d’une coentreprise Alstom-Hitachi pour le projet HS2 ajoute une autre couche d’incertitude.

Le parcours trouble d’Alstom

Les conséquences de l’acquisition de Bombardier et du blocage de la fusion par l’UE

L’acquisition par Alstom de l’activité ferroviaire de Bombardier s’est avérée être un parcours semé d’embûches. Le prix initial de la transaction, près de 7,5 milliards d’euros, a été réduit à 5,5 milliards d’euros, en partie à cause d’un avertissement surprise sur les bénéfices émis par Bombardier avant la clôture de la transaction. L’acquisition visait à renforcer la position d’Alstom face à la concurrence croissante de la Chine et à la demande croissante en Europe. Notamment, un projet de fusion de 15 milliards d’euros avec l’allemand Siemens a été bloqué par les régulateurs antitrust de l’UE un an auparavant, une décision qui a semé la consternation à Paris et à Berlin.

En conclusion:

La chute vertigineuse de la valeur de l’action d’Alstom, provoquée par une révision désastreuse de ses prévisions de flux de trésorerie, souligne les défis auxquels l’entreprise est confrontée dans le paysage économique actuel. Alors que la confiance des investisseurs est ébranlée et que de potentielles dégradations de notation de crédit sont imminentes, l’avenir d’Alstom reste incertain. Malgré ces revers, l’entreprise reste déterminée à résoudre ses problèmes de trésorerie et à maintenir son rôle central dans l’industrie du transport.

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