Stellantis : Le « Plan Fou » d’Antonio Filosa peut-il sauver la saucisse ?

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L’action Stellantis (STLAP) vient de subir un nouveau coup de tabac avec une baisse de 5 % en une séance. Alors que le titre navigue autour des 6,8 €, le nouveau patron Antonio Filosa vient de lâcher une bombe : le groupe va concentrer ses investissements sur seulement 4 marques. Stratégie de génie ou aveu de faiblesse ? On fait le point.

Le marché n’aime pas l’incertitude, et Antonio Filosa vient de lui en servir sur un plateau d’argent. En annonçant que le futur de Stellantis passerait désormais par quatre piliers mondiaux — Peugeot et Fiat pour l’Europe, Jeep et RAM pour les États-Unis — le successeur de Carlos Tavares a envoyé un signal clair : le temps du saupoudrage est terminé.

Le modèle « Micra » : La fin de l’identité automobile ?

Si vous vous demandez ce qu’il va advenir de Citroën, Opel ou Alfa Romeo, regardez du côté de l’alliance Renault-Nissan. La nouvelle Nissan Micra n’est ni plus ni moins qu’une Renault 5 rebadgée. Même châssis, même intérieur, seule la carrosserie avant et arrière change.

C’est exactement ce qui pend au nez des 14 marques du groupe. Pour un passionné, c’est un drame. Pour un actionnaire, c’est une bénédiction. Imaginez : réduire 14 bureaux de design et d’ingénierie à seulement 4 centres névralgiques. Les économies d’échelle seraient colossales et les marges pourraient littéralement exploser si le client accepte de payer « le prix fort » pour une Peugeot rebadgée.

Stellantis vs Intel : Le syndrome de l’animal blessé

Souvenez-vous de mes analyses sur Intel il y a un an. À l’époque, tout le monde criait à la fin du géant. Le titre traînait à 20$ et les « short sellers » s’en donnaient à cœur joie. Aujourd’hui, Intel flirte avec les 85$ après un rallye de 235 %.

Stellantis est aujourd’hui dans cette position d’animal blessé. Les prédateurs (vendeurs à découvert) sont sur son dos et profitent de la moindre news négative pour trasher le titre. Mais attention : comme pour Intel, le pari de la restructuration radicale est lancé.

30 avril et 21 mai : Les deux dates de vérité

Si vous n’êtes pas encore sur le titre, deux rendez-vous vont dicter la tendance :

  1. 30 avril (Earnings T1) : Le marché attend de voir l’ampleur des dégâts sur les marges. Si les résultats sont catastrophiques, le titre pourrait retourner tester la zone des 5,3 €, voire descendre à 5 €.
  2. 21 mai (Présentation du Plan Stratégique) : Filosa devra convaincre que son plan de « plateformisation » est le seul chemin vers la survie face à l’invasion chinoise.

Faut-il mettre un billet à 6,8 € ?

À 5 €, Stellantis devient une « Deep Value » : la boîte vaut moins en bourse que le cash qu’elle a en banque (plus de 40 milliards d’euros !). À 6,8 €, on est dans la spéculation sur la réussite du plan Filosa.

Mon verdict : Si vous croyez que le client Citroën ou Opel restera fidèle à son concessionnaire malgré des modèles « clonés », le potentiel de retour à 11 € est réel. Si vous pensez que la dilution des marques est une erreur historique, fuyez le plus loin possible.

La bourse, c’est une affaire de choix et de risques. Stellantis est l’opération de la dernière chance, et comme pour Intel, ceux qui oseront parier sur le redressement pourraient bien ramasser les grosses miettes.

L’investissement en bourse comporte des risques. Cet article ne constitue pas un conseil financier.

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